Samedi 12 mai
Trajet Le Locle - Aeschi avec la caravane.
Nous partons sous des trombes d'eau. Après la chaleur
estivale des deux jours passés, le ciel a ouvert les
vannes. Nous quittons donc le Jura pour les Alpes. Nous installons
notre camp de base à Aeschi, près de Spiez, à
petite distance du lac de Thoune. Le camping est encore fermé
jusqu'à demain, mais on nous accepte quand même.
Il pleut, pleut, pleut. Notre seule escapade sera un petit tour
à Spiez, où nous jetons un coup d'oeil, à
l'abri sous nos parapluies, au lac de Thoune et au port de Spiez,
après avoir acheté quelques "Torino"
et "Ragusa", excellents chocolats suisses.
Dimanche 13 mai
Les nuages enveloppent le camping quand nous partons vers 8
h 45 pour le tour du lac de Brienz. Au niveau du lac, des écharpes
cotonneuses s'accrochent aux versants tapissés de sapins
donnant au paysage, un aspect un peu mystérieux. Toutefois,
nous aimerions les voir s'élever pour découvrir
les Alpes toute proches, mais néanmoins invisibles.
Isetwald :
Sur le bord du lac, vert malgré le ciel gris, des chalets
anciens en bois foncé, se tiennent les uns à côté
des autres, superbes d'authenticité. Ici ou là,
une crête enneigée perce la chape nuageuse.
Cascades de Giessbach :
Une courte marche à travers la forêt nous amène
au pied de l'impressionnante chute, qui dans un fracas extraordinaire,
déverse des millions de litres d'eau, éclaboussant,
aspergeant, écumant. Le vent soulève des nuées
de gouttes en un voile léger, brumisateur naturel...
Un sentier étroit permet de se glisser jusque sous la
cascade, sous l'abri d'une caverne pour prendre quelques clichés,
avec le lac vert et les nuages qui s'ensoleillent peu à
peu en arrière-plan. Une route étroite nous emmène
entre ruisseau, montagnes et cascades, à travers des
champs de boutons d'or, où paissent de paisibles vaches
grises, vers Unterbach puis Meiringen.
Gorges de l'Aar :
Un défilé spectaculaire se faufile entre de hautes
roches qui laissent passer à peine de lumière
tandis que le torrent impétueux d'un beau vert jade,
gronde dans les étranglements. C'est une promenade plaisante,
sur des passerelles agrippées aux parois verticales,
arrosées de filets d'eau et de myriades de gouttelettes
cascadant depuis les roches surplombantes. Une lumière
diffuse baigne le fond de la gorge où file dans un élan
joyeux, l'irrésistible coulée de l'Aar.
Vers midi, nous pique-niquons au bord du lac, avant de nous
arrêter à Brienz pour quelques photos de chalets
cossus et anciens. La route vers Interlaken épouse chaque
contour du lac vert et le regard s'accroche au décor
sans cesse renouvelé de montagnes enneigées au-dessus
de l'eau claire.
Bönigen :
Comme partout autour du lac, grands chalets sombres décorés
ici ou là de sculptures en bois... Parfois c'est la façade
entière qui est travaillée, et toujours de multiples
fenêtres aux volets colorés.
Façades en longues planches verticales ou horizontales,
ou bien en tavaillons (sortes de planchettes en bois), balcons
fleuris... Autour de l'église de Bönigen, chaque
maison rivalise de beauté avec ses voisines.
Nous quittons le lac de Brienz et empruntons la route qui passe
à Lauterbrunnen et s'achève à Stechelberg...
petite rivière en contrebas, formidable muraille verticale,
parcourue de cascades gigantesques...
Cascades de Trümmelbach
Nous entrons sur le site des cascades de Trümmelbach —
dix cascades cachées à l'intérieur de la
montagne — où nous sommes accueillis par ce texte
de Baudelaire affiché sur une pancarte géante
: " Et des cataractes pesantes comme des rideaux de cristal
se suspendaient, éblouissantes, à des murailles
de métal."
Un ascenseur nous emmène au coeur de la montagne, jusqu'à
la moitié du parcours. Pour admirer les chutes n°
6 à 10, il nous faut emprunter un interminable escalier.
On débouche au sommet sous un puits de lumière.
Puissantes, ces cataractes dévalent avec force, dans
un fracas assourdissant, spectacle grandiose de force naturelle.
Celles qui sont complètement enfermées dans la
montagne sont éclairées artificiellement.
Une fois revenus à la plate-forme d'arrivée de
l'ascenseur, nous empruntons un autre escalier qui nous ramène
au niveau de l'entrée. Au passage, nous découvrons
les cinq autres chutes qui tourbillonnent en virages serrés
mais arrondis et se fracassent sur les bords érodés.
Un kilomètre plus loin, à Stechelberg, la cascade
de Sefinen tombe à la verticale en une gerbe éclaboussante.
Nous rentrons à Aeschi par Interlaken.

Lundi 14 mai
Grand ciel bleu ce matin... Nous nous étions fiés
à la météo pour programmer la montée
en téléphérique au Niederhorn. Nous découvrons
autour du camping des montagnes qui jusque là se dissimulaient
dans les nuages. Nous apercevons le lac de Thoune dont nous
ferons le tour dans la journée, beaucoup plus bleu qu'hier,
quand sous le ciel voilé, il se teintait de jade.
Einigen :
Une ravissante église, surmontée d'un clocheton
effilé recouvert de tavaillons, surveille un minuscule
port de barques. Buis, lilas, buissons divers exhalent des senteurs
fraîches sous la chaleur naissante du soleil qui nous
caresse. Quel bonheur de sentir cette douce tiédeur.
Schadau :
Le lac de Thoune vient mourir au pied grand parc ombragé
entourant le château (Schadau Schloss) aux murs de briques
roses et pierres grises. Toute proche, une petite église
éclatante se dissimule entre les hauts arbres. Au loin,
sur l'autre rive du las, de hautes montagnes enneigées
(le Finsteraarhorn - 4274 m) étincellent au soleil. Il
fait bon flâner un moment dans ce décor serein.
Thoune :
Cette petite ville possède quelques curiosités,
un château de contes de fées, la Haupstrasse, une
rue dont les toits des boutiques installées sous les
arcades du rez-de-chaussée, servent de trottoirs, la
place de la mairie, un joli pont couvert sur l'Aar qui, ruban
vert, traverse la ville.
Nous pique-niquons à la sortie de Thoune, sur un banc
posé face au lac émeraude et à la montagne.
Quel paysage ! Et le soleil qui chauffe par-dessus !
Beatenberg :
Les cabines nous emportent au Niederhorn (1950 m.). Un panorama
formidable se découvre à 360 °, lac de Thoune,
le Mont blanc au loin, les Alpes encore abondamment enneigées.
Assis sur un transat en bois, au soleil, nous avons face à
nous, l'Eiger, le Monch et la Jungfrau.
Un bouquetin passe, paisible, à quelques mètres
de nous, nous paressons au sommet, il y fait si bon, la vue
est si belle !
VOIR
LE PANORAMA
Descente en cabine... Descente en voiture...
Superbe, entre lac émeraude, Jungfrau, Monch et Eiger,
étincelants sous le ciel clair... Au-dessus de nous évoluent
quelques parapentes et ULM... Nous arrivons à Interlaken.
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