Dimanche 21 novembre 2010
Partis à 7 heures de la maison, nous voici à Roissy,
3h30 avant l'heure du décollage et pourtant l'avion étant
plein et la plupart des places déjà attribuées,
l'hôtesse ne peut pour l'instant nous trouver deux places
voisines. Il nous faudra attendre 11h30 pour réussir
à échanger nos deux places ASE (Attente de sièges
enchaînés), contre les places 45A et 45B. Il aurait
fallu bloquer nos places sur Internet mais depuis 1997 que nous
voyageons régulièrement en avion, nous n'avons
jamais eu besoin de faire ça, en arrivant 3 heures à
l'avance.
Heureusement que nous étions là de bonne heure,
les gens se présentant plus tard n'ont pas été
réunis.
Un grand plaisir en montant dans l'avion, nous sommes en premier
rang de cabine, sur le côté, et nous avons toute
la place que nous voulons pour les jambes. C'est un vrai confort
!
Après 9200 km de vol, nous atterrissons, en visionnant
sur la télé, l'approche d'Hanoi, la traversée
des nuages et la pose de l'avion. Il est 6 heures du matin au
Vietnam (en France il est minuit). Le petit déjeuner
nous a été servi deux heures avant l'arrivée
et entre le premier repas pris après le décollage
et celui-ci, nous avons eu à disposition en libre-service
des petits sandwiches, des soupes vietnamiennes et des boissons.
Dès la descente de l'avion, la chaleur nous enveloppe.
Nous changeons des devises à l'aéroport. L'argent
est tellement dévalué qu'on a des coupures impressionnantes.
Un euro vaut 27 000 dong. Nous voilà à la tête
de plusieurs millions de dongs !
Lundi 22 novembre
Hanoi, chaude et moite, la ville est couverte de brume à
7 heures, quand nous quittons l'aéroport, après
avoir sauté la nuit. Nous retrouvons la circulation de
l'Inde et du Cambodge. Duc, notre guide nous attend avec une
voiture et nous explique d'emblée comment survivre en
traversant la rue. Ne surtout pas courir, ni se précipiter,
mais traverser lentement au milieu de la circulation infernale,
et on nous évitera ! Attention, dit-il en riant "femme
au volant, mort au tournant, femme au guidon, mort au camion
! Il paraît que le permis s'achète facilement.
Hanoi (qui signifie "la ville en de-ça du fleuve")
est entourée des alluvions du fleuve et de cultures de
riz. Nous longeons le fleuve rouge pour nous rendre à
la pagode de la défense de la patrie, au bord du lac
de l'ouest formé par un bras mort du fleuve rouge, pagode
ornée de magnifiques statues de Bouddha. A l'arrière
se dresse un stupa, dans lequel on enterre les cendres des bonzes
incinérés, et qui, comme toujours, comporte un
nombre d'étages impairs.
Après cette visite, nous traversons le quartier des cadeaux
de mariage où de jolies pyramides formées de petits
paquets ornent les vitrines. Le marié doit offrir à
sa future femme une pyramide, dont les ballotins seront distribués
à la famille en tant qu'invitation avant le mariage.

Dans les rues, les vélos transportent
des piles de cartons, paniers de fruits et légumes. Pour
traverser la route, au milieu des deux-roues, il faut marcher
lentement sans gestes brusques. Ils ne s'arrêtent pas,
mais prévoyant notre trajet, ils nous évitent.
Nous arrivons au temple de la montagne de Jade situé
au pied d'un autre lac du fleuve rouge, il y en 18 dans la ville.
Le pont du soleil levant, en bois rouge, domine le lac de l'épée
restituée où vivent de nombreuses tortues. Dans
le temple, trônent des statues de mandarins, au milieu
des offrandes de fleurs et de fruits. L'encens répand
son parfum caractéristique dans le temple sombre.
Nous traversons ensuite les vieux quartiers de Hanoi aux magasins
bondés de chaussures chinoises qui durent trois jours
: "Acheter chinois, acheter deux fois" dit Duc, et
nous entrons dans le musée de l'histoire du Vietnam.
Après la visite, nous nous baladons pendant une heure,
installés chacun dans un cyclo-pousse, au milieu de la
circulation incessante. La température est très
agréable et la promenade plaisante, surtout quand nous
longeons le lac aux eaux vertes. Le cyclo-pousse, c'est un tricycle
avec le conducteur assis à l'arrière sur la selle,
et le promeneur dans un siège soutenu par les deux roues
avant. Dans les rues regorgeant de produits manufacturés,
victuailles, fruits, les deux-roues prennent possession de tout
l'espace, tandis que sur les côtés trottinent des
Vietnamiennes chargées de leur palanche aux extrémités
desquelles pendent deux paniers lourdement chargés de
toutes sortes de choses.
En fin de matinée, nous visitons le
temple de la littérature (temple du Confucianisme), vaste
jardin composé de cinq parties dans lesquelles on pénètre
par de grandes portes en bois rouge, monuments divers aux formes
biscornues. Dans la cinquième partie, une grande bâtisse
rouge abrite de hautes statues des disciples de Confucius. Au-delà
un énorme tambour en bois laqué rouge, tendu d'une
peau de buffle et une grande et lourde cloche en bronze d'une
tonne, montent la garde de part et d'autre d'un ultime bâtiment
en bois marron couvert d'épaisses tuiles décorées.
A midi, nous déjeunons dans un restaurant en ville, le
meilleur de Hanoi, a dit Duc. Huit petits plats se succèdent,
potage, rouleaux de printemps, crevettes et noix de coco grillée,
riz, bœuf, porc, chou blanc, crème caramel et thé
vert. Après quoi, nous allons à l'hôtel,
nous reposer quelques heures, car avec le décalage horaire,
nous n'avons pas eu de nuit. A 17h30 le crépuscule tombe.
Nous sortons pour dîner dans un restaurant traditionnel
en ville, où nous goûtons comme à midi,
sept ou huit mets locaux...
Mardi 23 novembre
Dès 8 heures, nous quittons Hanoi pour la baie d'Halong
à 170 km de là. La route est longue et Duc, nous
explique des tas de choses sur le pays.
Les deux-roues :
Pour 16 millions de famille, 24 millions de motos circulent,
dont 70% de Hondas assemblées au Vietnam. Une moto
peut transporter deux adultes et un enfant, pour une charge
maximum autorisée de 132 kg. Pour le permis, on
va deux fois à l'école et on obtient le
permis, ou bien on l'achète pour 40 euros. La moins
chère des motos (si on ose risquer sa vie) est
entièrement chinoise, et ne coûte que 230
euros.
Depuis 2007, le casque est obligatoire, mais les gens
portent des casques chinois à un euro... On tombe
d'un mètre, il est cassé. Il ne sert qu'à
éviter une amende à 10 euros. Certains portent
cependant le casque intégral qu'on appelle "marmite
à riz". Quant aux bébés, ils
ne portent pas de casque, car il n'en existe pas à
leur taille.
On compte 13000 morts par an, à pied ou en deux-roues.
Quant aux bus, de la même manière que ceux
du Guatemala, ils roulent comme des fous et se doublent
pour ramasser les gens avant leurs concurrents, causant
de nombreux accidents.
Quelques salaires :
Médecin : 4000 $/mois.
Distillateur d'alcool de riz : 160 à 170 $/mois.
ouvrier d'usine : 200 $/mois.
Prof de lycée : 1300 $ maximum.
Conducteur de bus de ville : 500 $/mois.
Montagnard des ethnies minoritaires : 30 $/mois mais il
récolte ses produits maraîchers et ses fruits.
Quelques prix :
Essence : (95): 17 230 dongs (0,86 $)
Essence (92): 16 720 dongs ( 0,83 $)
Diesel : 15 040 dongs (0,75 $)
Un téléviseur écran plat de 54 cm
(sans led): 130 $.
A Hanoi, le terrain est très cher, 10 000 euros
le m². Personne ne vend, car on préfère
louer. Un magasin de 2 ou 3 mètres de façade,
se loue 1000 euros !
Tandis que l'inflation court à 14% (en 2010), acheter
de l'or ou de la terre est un bon placement. Une maison
s'achète toujours au comptant, pas à crédit.
Pour vivre en ville à Hanoi, il faut environ 500
euros pour un couple, mais pour acquérir une maison,
il faudrait gagner 1000 à 1500 euros par mois et
environ une quinzaine d'années pour économiser
suffisamment.
Le communisme :
Les jeunes se détachent du communisme, ils vivent
à l'européenne tout en continuant d'habiter
chez leurs parents. Depuis 15 ans, personne ne s'intéresse
plus à la patrie. Ce qu'il faut, c'est gagner de
l'argent et la corruption est partout. Un proverbe dit
: "Les autorités du roi s'arrêtent à
la porte du village." Ce qui signifie en gros, que
les principes du communisme, dans l'absolu c'est bien,
mais que si on les suit, on ne peut pas vivre !
Les communistes représentent environ 3,75% de la
population. Pourtant lors des élections ils recueillent
90 % de voix. C'est un leurre, car les jeunes ne votent
pas, et les paysans touchent 1/2 dollar pour aller voter.
Les médecins ou avocats qui protestent dans leurs
écrits, sont arrêtés, quant aux gendarmes,
ils sont fils de notables ou de communistes, et ils ont
acheté leurs diplômes.
Quinze ans en arrière, les guides étaient
obligatoirement des fonctionnaires communistes, car ils
étaient en contact avec les étrangers.
Internet est courant au Vietnam, et aujourd'hui si Google
n'est pas filtré, Facebook l'est.
Sur la route que nous empruntons de Hanoi à la
frontière chinoise, stationnent encore 40000 soldats
vietnamiens pour la surveillance du territoire.
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Duc pense qu'on a beaucoup de chance en France
avec notre liberté. Nous parlons longuement de la politique
du Vietnam. C'est très intéressant d'avoir un
guide individuel, car on discute beaucoup et les échanges
sont riches.
Nous traversons des zones maraîchères, dans lesquelles
travaillent des paysans, ils portent les deux arrosoirs sur
leur palanche et arrosent à la main. En effet, après
les récoltes de riz (une à Sapa, deux autour d'Hanoi,
trois dans le delta du Mékong), les champs sont mis en
cultures maraîchères.

En chemin, Duc nous propose quelques changements
au sujet des repas pendant notre échappée de quatre
jours dans le Haut Tonkin. Il suggère que nous prenions
dans les restaurants de ville les repas à notre charge
(pendant cette période, nous sommes en demi-pension),
plutôt qu'à l'hôtel où ils seront
plus chers. Nous acceptons ces modifications avec plaisir.
A moitié route, nous nous arrêtons dans une boutique
de souvenirs, où les femmes brodent des tableaux en longs
traits de fils de soie. C'est absolument magnifique.
Plus on approche d'Halong, que certains appellent la huitième
merveille du monde, plus la route est encombrée, c'est
la plus fréquentée du pays. Sur les bords, sont
installés de nombreux étals de fruits, bananes,
ananas. Duc dit que nous avons de la chance, le soleil est avec
nous, malgré le ciel un peu gris, alors que c'est souvent
brumeux dans cette région.
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