Jeudi 14 novembre
Avant de prendre l'avion pour Santiago, nous allons visiter
le cimetière de Punta Arenas, un lieu étonnant
recommandé par le guide du Chili et par notre hôtelier.
Des murs entiers sont creusés de petites niches où
reposent les défunts. Des fleurs fraîches ou factices
en quantité, des moulins à vent colorés,
de multiples décorations les agrémentent... ici
un écusson de foot, ici un mini-établi de menuisier,
là des figurines de vaches, de moutons, le tout indiquant
quel était le métier du défunt.
Au-delà des allées bordées par ces grands
murs, on trouve des monuments comme chez nous et de grands caveaux
anciens. Parfois les thuyas ont été découpés
pour que les tombes s'y encastrent.
En fin de matinée, nous nous dirigeons vers l'aéroport
Carlos Ibanez del Campo, pour rendre la camionnette avec laquelle
nous avons parcouru 775 kilomètres et nous envoler vers
Santiago.
Il est midi 10, le représentant Hertz n'est pas là,
je devrais l'attendre jusqu'à 13 heures !!! Pendant ce
temps, JP enregistre les valises.
Au contrôle scanner des sacs de cabine, nous nous apercevons
que nous avons laissé notre couteau de voyage dans une
poche du sac, ce couteau pliant à deux lames et manche
en bois qui nous accompagne depuis La Réunion en 1997.
Nous sommes contraints de l'abandonner en compagnie de multiples
autres objets interdits dans un grand container transparent.
Zut, zut, zut... Avec cette fouille de sac inattendue, nous
n'avons plus besoin d'attendre l'embarquement. Il est en cours.
Et nous voilà à cinq minutes du décollage
pour Santiago.
Nous survolons les Andes qui percent les nuages, des kilomètres
de sommets étincelants, des lacs bleu ciel...
Escale d'une vingtaine de minutes à Puerto Montt, mais
nous ne changeons pas d'avion. Nous arrivons à Santiago
à 18 heures.
Petit couac, nous restons coincé à l'aéroport,
à attendre la voiture de transfert jusqu'à 18
h 45. Personne ne s'étant présenté avec
la traditionnelle pancarte affichant notre nom, un chauffeur
de taxi serviable a téléphoné pour nous,
par deux fois, et finalement le chauffeur est arrivé.
On venait seulement de le prévenir a-t-il dit !
Sans doute, lors du premier appel téléphonique
du chauffeur de taxi.
La voiture nous emmène à l'hôtel Quito dans
le centre de Santiago, très petit hôtel familial
à l'accueil fort sympathique et nous dînons ensuite
dans un café-restaurant local, musique tonitruante, serveuse
très chaleureuse et gens du cru. Une plongée au
sein de la vie locale chilienne, comme au restaurant d'hier
soir à Punta Arenas !
Vendredi 15 novembre
A 8 h 30, nous sommes prêts pour le "tour" guidé
de Santiago. Mais la voiture, elle, n'arrive pas. C'est le même
organisateur que pour le transfert d'hier à l'aéroport
: Transhôtel !
Après une heure au téléphone (numéros
qui ne répondent pas, n'existent plus), nous finissons
par obtenir un contact au même numéro qu'hier.
Finalement, ils nous ont oublié ou alors leur organisation
est complètement défaillante, bref, une voiture
nous est proposée pour 11 heures.
Le tour dure trois heures trente. Nous découvrons la
ville, son histoire, sa fondation à partir de Valparaiso.
Le chauffeur parle espagnol, je traduis à la volée
pour JP. Je le comprends très bien, mais comme il parle
sans arrêt, je ne peux rien noter.

Alors, en vrac, quelques infos, après
coup :
Le Chili possède 17 millions d'habitants dont 7 millions
habitent dans la capitale.
Santiago est située à 650 mètres d'altitude,
dans une vallée encaissée entre de hautes montagnes,
la pollution y est donc énorme. Nous le constatons tout
de suite à la couleur du ciel, grise sur l'horizon. C'est
la troisième ville la plus polluée d'Amérique
du Sud, après Mexico et Sao Paulo.
Après le tour des différents quartiers historiques
dont il ne reste pas énormément de traces, Santiago
étant la région la plus sismique du monde (plus
de 2000 volcans), nous montons au Cerro Cristobal (850 m) d'où
nous découvrons la différence entre la ville ancienne
et les quartiers modernes. En arrière, les Andes, couvertes
de neige, arrêtent le regard.
Au centre de la ville se dresse une haute tour de verre de 300
mètres, une des plus hautes de l'Amérique du Sud,
qui a résisté au tremblement de terre de 2010.
Autre particularité : la Panaméricaine qui part
de l'Alaska et court jusqu'au Sud de l'Amérique, traverse
la ville; nous passons dessus en voiture.
Les coins qui nous ont le plus séduits sont le quartier
bohème de Bellavista et celui de la Plaza de Armas. Nous
avons aussi remarqué de superbes Ceibos (arbres à
fleurs rouges) et jacarandas (à fleurs violettes).
La voiture nous dépose à l'hôtel. Petite
pause pour regarder le match de foot Ukraine-France (où
la France perd 2-0) et nous repartons à pied vers le
quartier bohème. Enfin à pied, au début,
car nous nous apercevons après avoir dépassé
deux bouches de métro, que nous sommes partis à
l'opposé. Du coup, nous descendons dans le métro
pour parcourir le chemin inverse et gagner le quartier Bellavista,
quartier étudiant très animé, le Saint
Germain des Prés de Santiago. Une foule dense emplit
les rues, occupe les terrasses de café, s'arrête
aux stands installés sur les trottoirs.
Nous trouvons un restaurant sympathique qui offre autre chose
que des sandwiches ou hamburgers. Après quoi, nous retraversons
le quartier bruyant, musique, foule, percussions... Le Chili
semble aimer les repas dans le bruit.
En rentrant, nous nous arrêtons un moment devant un groupe
de douze jeunes musiciens, grosse caisse, cymbales et instruments
à vent, qui jouent et dansent avec beaucoup d'entrain.
Super ambiance !
Pour eux, c'est presque la fin de l'année, bientôt
ce seront les grandes vacances d'été. Ils s'appellent
Band Rim Bam Bum. Plus loin, quatre pseudos-indiens présentent
une chorégraphie, puis c'est un garçon grimpé
sur des échasses qui déambule sur le trottoir
et d'autres groupes costumés qui dansent. Nous flânons
dans les rues chaudes jusqu'à 22 h 30. Quelle ambiance
! Et quelle douceur ! Il fait nuit noire et nous sommes en tee-shirts.
A cette heure tardive, le supermarché est encore ouvert,
nous achetons de l'eau. Ici, comme en Argentine, certains magasins
d'alimentation sont ouverts fort tard dans la nuit et même
pour certains, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24
Samedi 16 novembre
Dernier jour... grand soleil ! Le métro nous emmène
à la gare routière, c'est tout simple, notre hôtel
est à quelques pas de la station Santa Lucia, sur la
ligne n° 1 et nous descendons à Universidad de Santiago
directement dans la gare routière.
Munis de nos deux billets (13,50 euros par personne l'aller-retour),
nous nous installons dans un bus confortable pour une centaine
de kilomètres en direction de l'Océan Pacifique.
Ce bus est organisé comme un avion avec des petites télés
réparties régulièrement dans l'allée
centrale et des sièges qui s'inclinent vers l'arrière.
Arrivés à Valparaiso, un trolley nous emmène
à la place Sotomayor et au port.

Mais aujourd'hui, comme hier à Santiago,
c'est la grève. Les ascenseurs ne fonctionnent pas. Nous
nous décidons donc à gravir à pied la rampe
abrupte en escalier pour découvrir les hauteurs de la
ville, partie la plus intéressante.
Un habitant du quartier m'interpelle et s'excuse auprès
des touristes de la grève, ascenseurs fermés,
rues pas nettoyées... Il a honte dit-il !
Les rues hautes de Valparaiso sont typiques, toutes en pente,
naturellement, avec ou sans escaliers, un peu comme à
l'Alfama de Lisbonne, mais surtout taguées de partout.
Les maisons sont très colorées, certaines revêtues
de tôles ondulées en zinc, et presque toutes surchargées
de dessins, peintures murales (sauvages ou voulues).
Il est déjà 15 heures, nous avons faim. Mais dans
la ville haute, les restaurants coûtent cher. Par contre,
en bas, à proximité des quais, nous déjeunons
pour 4,5 euros par personne d'un menu composé d'une soupe
d'asperges, poisson pané et légumes, dessert et
consommation incluse.
Vers 16 h 30, nous reprenons le car qui en deux heures, nous
ramène à Santiago. Et d'un coup de métro,
nous nous rendons dans la partie piétonne de Santiago,
une longue rue pleine d'animations, montreurs de marionnettes,
démonstrations diverses, musique, rue qui mène
au coeur de la Plaza de Armas.
La place elle-même est occupée par des camelots,
des marchands de tableaux, tandis que dans un coin, une chanteuse
emplit l'air de ses ritournelles. La foule se presse, dense,
devant les étalages posés au sol, les rues qui
débouchent sur la place sont noires de monde.
Nous nous installons à la terrasse du Marco Polo sur
la Plaza de Armas, dans l'ambiance bruyante et musicale, pour
boire une bière d'abord et dîner ensuite. 25 degrés
à 20 heures... Température idéale !
Dimanche 17 novembre
Départ à 8 h 30 pour l'aéroport. On aurait
pu partir à 10 heures, mais peu sûrs de Transhôtel,
nous étions mieux avec cette marge pour éventuellement
avoir le temps de téléphoner ou de trouver un
taxi en cas de retard ou d'oubli. Cette fois la voiture est
à l'heure, même en avance, et comme il n'y a personne
dans les rues, nous serons à l'aéroport avant
9 heures ! On ne va pas être en retard !
Aujourd'hui, ce sont les élections au Chili, les premières
où le vote ne sera pas obligatoire mais volontaire, ce
qui laisse planer une incertitude sur le nombre de votants et
en conséquence le résultat.
L'actuel gouvernement de droite est opposé à Michelle
Bachelet (centre gauche) qui a déjà gouverné
il y a cinq ans, mais n'avait pu se représenter, car
au Chili on ne peut briguer deux mandats de suite. Il semblerait
qu'elle soit la favorite. En tout cas, plusieurs personnes nous
l'ont dit spontanément.
Nous embarquons à 12 h 45. Cet avion, comme lors du vol
aller, a l'avantage de n'avoir que deux sièges près
des hublots au lieu des trois habituels. Beaucoup plus pratique
pour se déplacer sans déranger quelqu'un.
Nous décollons à 13 h 30. Au revoir les Andes
!

Le retour a été un peu long.
Après 4 h 30 d'attente à l'aéroport de
Santiago, le vol a duré 12 heures. Nouvelle attente de
3 h 30 à Madrid, puis un vol de 2 heures pour rentrer
à Paris. Et enfin le retour en voiture à la maison,
encore 2 heures.
Au final, 24 heures de voyage !
Et 1500 photos à trier ! ! !
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